22 mai 2009

J'ai vécu un concert.

[ allez hop, coup de folie, je viens juste de rentrer et j'vous fait part de mes émotions, à chaud comme ça c'est plus authentique (et surtout parce que demain j'aurais la flemme, et le jour suivant aussi je pense) ]

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                                                                   Nepomuk

   Aujourd'hui, jusqu'à il y a une large poignée de minutes, j'ai vécu en symbiose avec tout un tas de gens inconnus et gluants, au fin fond d'une petite salle de concert. Si ce premier aperçu peut rappeler un peu le mode de vie des cloportes, il est surtout question ici d'une expérience que je n'avais pas renouvelée depuis de (trop) nombreux mois : l'écoute prolongée de musique en live. Et bondoudiou qu'est ce que ça fait du bien !

Tout commence à l'entrée de la salle. Pièce parallélépipédique insignifiante meublée de quelques spots et d'un instrument de-ci, de-là, où la lumière tamisée baigne l'arrivée de plusieurs "pâtés" (oui c'est comme ça que nous les appellerons ces groupuscules informes qui squattent par terre dans les angles et sur le bord de la scène) de jeunes ou moins jeunes gens venus assister à l'événement du jour. Rien de bien transcendant jusqu'ici, hormis l'intelligente habitude qu'auront certains de repérer les zones clés du lieu afin de s'assurer une place de choix au commencement du spectacle.
Puis les choses s'accélèrent, ça se confirme, les techniciens viennent chécker une dernière fois le matériel et quittent le podium alors que l'éclairage faiblit. Une rumeur ne tarde pas à s'emparer de la foule qui s'amasse vers la scène. Et enfin ça y est, les lueurs reprennent de plus belle et des silhouettes apparaissent petit à petit derrière leurs instruments. Le groupe est fin prêt. La musique engloutit la pièce petit à petit, en s'emparant de chaque individu des pieds à la tête, d'une oreille à l'autre. Les premiers spasmes apparaissent dès la seconde chanson, la première étant plutôt une entrée en matière pour créer le lien entre le public et les artistes. L'intimité se resserre entre les écouteurs qui tendent l'oreille et remuent un bras ou une jambe (parfois les deux mais ça viendra plus tard), et les écoutés qui transpirent déjà à grands flots pour assurer le show. Il se forme un nuage tièdasse de sueur et de condensation au niveau des phares colorés du plafond, et la proximité des enceintes fait gonfler les tympans et apprivoise les rythmes cardiaques. L'enchantement débute.

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Et puis c'est le drame, le déclic qui transforme d'un coup l'ambiance. La phrase, le solo ou le "break" qui anime les esprit les plus introvertis et les emmènent sur les chemins tortueux du déchaînement spirituel et corporel. Tout le monde devient fou et pousse à qui mieux mieux les autres personne comme si d'un coup la densité de population avait doublé dans l'habitacle. Les jumps, pogos, slams et autres pratiques tribales transforment bientôt la pièce en une véritable jungle où nul ne sait à quel endroit de la salle il aura atterri la seconde suivante. Où on change de voisin à la vitesse de la lumière. Où on se téléporte à travers la foule au prix de quelques bleus malencontreux. Une ambiance enflammée où s'intercalent de précieux instants de répit lors d'un changement de chanson ou de quelques notes plus calmes. Chacun perle toute l'eau de son corps et les effluves sudorales se mêlent au sein d'une atmosphère de plus en plus étouffante. Quelques fans viennent se ventouser à la scène et ne reculent devant rien (ont même tendance à bousculer pour forcer le passage) pour atteindre leur but. La soirée touche à son paroxysme. Les voix déraillent et s'emballent pour ne former qu'un bourdonnement collectif singeant les paroles du groupe en action avec quelques décibels supplémentaires et une harmonie douteuse.

Il en est ainsi, de mélodies langoureuses ("instant mélodramatique !!" ou "mélancoliiiie" comme qui dirait), en violents morceaux barbares, avant que les interprètes n'aient la fâcheuse idée de quitter l'endroit sous les huées et l'incompréhension du public en transe. Puis, suite à un rapide coup d'œil effectué sur la tracklist du jour, le premier rang se ragaillardisse et entraîne à sa suite l'intégralité de la pièce, conquérant au fil des minutes de nouveaux adeptes du "ohohowohoh ! ohohowohoh !" ou autre "on n'est pas fatigués !" ayant pour but (souvent avec brio) de faire revenir les artistes (qui se la pètent alors et sont tout fiérots d'avoir du succès). Et là c'est reparti pour un tour. Avec une énergie plus forte encore des deux côtés. Niveau scène, on se dit que c'est la fin et qu'on va bientôt pouvoir enfin aller roupiller un peu après avoir apporté tant de bonheur au public; niveau fosse et strapontins, on profite des derniers instants de la soirée comme si c'étaient la fin du monde, avec une intensité accrue qui surpasse les petits maux de gorge et mérite tous les bleus possible pour vivre encore un peu le spectacle.

Puis - paraît que c'est le cas avec toute les bonnes choses - c'est la fin. Le public réalise qu'il est inutile de rappeler une énième fois le groupe sur la scène, et les lumières tamisées font leur retour jusque dans chaque angle de la salle. Tout le monde atterrit de son voyage groupé à travers la sphère musicale, et ces personnes si proches quelques minutes plus tôt, s'ignorent pour retrouver leur "clan" et regagner leur véhicule respectif. C'est sans doute le moment le plus triste et le plus étrange. On redescend lentement de quelques étages stellaires pour retrouver le commun des mortels. Et la sortie, presque définitive avant le prochain concert, marque le retour à l'air frais revitalisant. La renaissance. On sort de son utérus communautaire pour retrouver le plancher des vaches.

Mais le meilleur vient juste après. Lorsque dans la voiture qui nous ramène dans notre cocon personnel, on réécoute quelques morceaux qui nous bourdonnent encore à la commissure des conduits auditifs. Et qu'on redécolle un peu vers la stratosphère musicale. C'est magique. Trois heures plus tôt, on ne se souvenait même pas des paroles, et à présent c'est toute une série d'images et d'émotions qui se greffent sur les notes. On donne vie à la musique en l'imprimant d'une manière inédite dans nos esprit. Et on sourit. Qu'on est bien après une aventure pareille ...

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                                      Gettyimages

[ Merci à fonkyclak dont le chanteur qui fait peur et la chanteuse à la voix envoûtante nous ont permis d'être en forme pour la suite, et à Babylon Circus dont le "marions-nous au soleil" va hanter ma future semaine je crois bien - et merci surtout à Pô d'avoir eu la bonne idée d'nous emmener avec toi là-bas !... rouloulou que c'est magique vraiment de voir un concert ! J'avais jamais vraiment écrit toutes ces palpitations que ça provoquait ... ça vous fait ça à vous aussi ou bien ? ]

Renseignements pris, je réalise qu'on a eu effectivement pas mal de chance de voir au moins une fois dans notre petite vie Babylon Circus en concert. Pour info, le groupe a une dizaine d'année et a effectué à peu près 1000 concerts à travers le monde (Europe, Moyen-Orient, Etats-Unis, Russie, ...). Donc bon, m'étonne qu'ils soient si forts pour mettre l'ambiance aussi ! J'me disais bien ^^.

Du coup l'explication ci-dessus n'est pas applicable à n'importe quel concert. La barre est déjà vachement haute là.

Posté par sofiiie à 00:46 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur J'ai vécu un concert.

    & Caravan Palace alrs ?!!! XD

    Posté par Câ., 21 juin 2009 à 12:54 | | Répondre
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